L’étude des correspondances et plus largement
du phénomène de
l’épistolarité est actuellement
l’objet d’une grande attention de la part des
historiens.
Cette attirance constitue un aspect du retour de
l’individu dans un champ historiographique dont il
avait été longuement écarté par
une histoire très (trop ?) inspirée par les
sciences humaines, par leur goût pour la
quantification et l’élaboration de
modèles statistiquement étayés.
Le succès contemporain de la biographie est une
illustration de cette tendance. Parmi les sources
nourrissant cette aspiration réactive à une
"micro-histoire" plus réaliste et concrète,
susceptible de transmettre le frémissement et les
hésitations de la vie, les correspondances occupent
une place privilégiée.
Les initiateurs de ce colloque et de ce livre ont voulu, par
la réunion d’approches monographiques, susciter
une réflexion sur l’usage historien des
correspondances familiales, principalement à travers
l’analyse de l’expression de
l’affectivité individuelle, du processus de
constitution d’une identité et d’une
conscience familiales, des mécanismes de la
sociabilité familiale, de la constitution et de
l’entretien de réseaux d’échanges et
de solidarités.
On s’en tient à la Suisse romande et aux
XVIIIe-XIXe siècles, période de
généralisation et de transformation des
pratiques épistolaires, lesquelles constituent
elles-mêmes un objet d’étude.
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